samedi 12 avril 2014

Site de l'Académie française: Du françois au français

Naissance et évolution du français

Le français est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que l’usage les a transformées depuis l’époque de la Gaule romaine. Les Serments de Strasbourg, qui scellent en 842 l’alliance entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, rédigés en langue romane et en langue germanique, sont considérés comme le plus ancien document écrit en français.
Au Moyen Âge, la langue française est faite d’une multitude de dialectes qui varient considérablement d’une région à une autre. On distingue principalement les parlers d’oïl (au Nord) et les parlers d’oc (au Sud). Avec l’établissement et l’affermissement de la monarchie capétienne, c’est la langue d’oïl qui s’impose progressivement.
Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays d’Europe à cette époque, un pays bilingue : d’une part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire (ou vernaculaire), qui est aussi celle des chefs-d’œuvre de la littérature ancienne (la Chanson de Roland, le Roman de la rose...) ; d’autre part, le latin est la langue de l’Église, des clercs, des savants, de l’enseignement, et c’est aussi l’idiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualisés.
Malgré la progression continue du français, cette coexistence se prolonge jusqu’au XVIIe siècle, et même bien plus tard dans le monde de l’Université et dans celui de l’Église.

Le français, langue de la nation

L’extension de l’usage du français (et, qui plus est, d’un français qui puisse être compris par tous) est proportionnelle, pour une large part, aux progrès de l’administration et de la justice royales dans le pays. Inversement, l’essor de la langue française et la généralisation de son emploi sont des facteurs déterminants dans la construction de la nation française.
Deux articles de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en août 1539, donnèrent une assise juridique à ce processus :
Article 110 : Afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.
Article 111 : Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement.
Ainsi la vie publique du pays était-elle indissociablement liée à l’emploi scrupuleux (afin de ne laisser « aucune ambiguïté ou incertitude ») du « langage maternel français ». Ce texte fondateur doit être rapproché de la Deffence et Illustration de la langue françoyse (1549). Le manifeste du groupe qu’on appellera plus tard la « Pléiade » proclame, exactement dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts, l’excellence et la prééminence du français en matière de poésie. On le voit, l’attachement résolu à la langue française répond à une exigence à la fois politique, juridique et littéraire.
C’est la même exigence qui conduit à la création de l’Académie française en 1635. Selon les termes de Marc Fumaroli, Richelieu a fondé l’Académie pour « donner à l’unité du royaume forgée par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ». Ainsi, l’article XXIV des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences ».
Le dispositif imaginé par Richelieu était si parfait qu’il a franchi les siècles sans modification majeure : le pouvoir politique ne saurait sans abus intervenir directement sur la langue ; il laisse donc à une assemblée indépendante, dont le statut est analogue à celui des cours supérieures, le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage. En matière de langage, l’incitation, la régulation et l’exemple sont des armes bien plus efficaces que l’intervention autoritaire.
L’éclat et la puissance de la monarchie française, le raffinement de la culture, les perfectionnements apportés à la langue par l’Académie et les grammairiens, l’influence non négligeable des populations protestantes émigrées, font que le français déborde rapidement, aux XVIIe et XVIIIe siècles, le cadre de la nation. C’est la langue de l’aristocratie et des personnes cultivées dans tout le Nord de l’Europe, en Allemagne, en Pologne, en Russie... C’est aussi la langue de la diplomatie. Tous les grands traités sont rédigés en français, alors qu’ils l’étaient auparavant en latin. L’empire de la langue française dépasse largement (et c’est une constante) l’empire politique et économique de la France.

Source: http://www.academie-francaise.fr/la-langue-francaise/le-francais-aujourdhui  


jeudi 10 avril 2014

Une courte

Les Deux Mulets

Jean de La Fontaine

Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé,
L'autre portant l'argent de la gabelle
N'eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d'un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette:
Quand, l'ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l'argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l'arrête.
Le mulet, en se défendant,
Se sent percé de coups; il gémit, il soupire.
Est-ce donc là, dit-il, ce qu'on m'avait promis?
Ce mulet qui me suit du danger se retire;
Et moi j'y tombe et je péris!
- Ami, lui dit son camarade,
Il n'est pas toujours bon d'avoir un haut emploi:
Si tu n'avais servi qu'un meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade

gabelle = impôt sur le sel

pas relevé = lorsque le cheval lève haut le pied en marchant


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samedi 5 avril 2014

Enigme


On le dit parfois populaire.

Par les premiers, il est ouvert.

On y croise les débutants.

Il est masqué de temps en temps.

Qui est-il ?


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Il y a 20 ans, Kurt Cobain décidait de nous quitter




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vendredi 4 avril 2014

BIOGRAPHIE :



Curiosités de la langue française


- On passe des nuits blanches quand on a des idées noires.


- Pourquoi dit-on d'un pauvre malheureux ruiné qu'il est dans de beaux draps ?


- Quand un homme se meurt, on dit qu'il s'éteint. Quand il est mort, on l'appelle feu .


- Pourquoi lave-t-on une injure et essuie-t-on un affront ?


- Pourquoi parle-t-on des quatre coins de la terre, puisque la terre est ronde ?


- On remercie un employé quand on n'est pas content de ses services.


- Comment peut-on faire pour dormir sur les deux oreilles ?


- Pourquoi appelle-t-on coup de grâce le coup qui tue ?


- Comment distinguer le locataire du propriétaire lorsque ces deux personnes vous disent à la fois : Je viens de louer un appartement ?


- Pourquoi lorsque l'on veut avoir de l'argent devant soi, faut-il en mettre de côté ?

Source: http://forum.aufeminin.com/forum/f558/__f38365_f558-Les-perles-et-curiosites-de-la-langue-francaise-mrgreen-mrgreen.html



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mardi 1 avril 2014

Citation

« Ô privilège du génie ! Lorsqu’on vient d’entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui.  »


Sacha Guitry



Hector Berlioz - La Damnation de Faust (Herbert von Karajan)

Timbré!

Le français ? une véritable langue de fous !


La coïncidence est troublante : dans moins de deux semaines se dérouleront à Lille et dans de nombreuses autres villes de France les demi-finales des Timbrés de l'orthographe, quatrièmes du nom. Et que retrouvait-on, cette année, parmi les traditionnels dix mots de la Semaine de la langue française et de la francophonie ? Le même « timbré » ! Un truc de ouf, non ?

En l'occurrence, c'est surtout le hasard qui a bien fait les choses. Le nouveau concours national d'orthographe, quand il en profiterait pour moquer au passage la passion, souvent déraisonnable, de ces originaux qui n'hésitent pas à coucher avec leurs dictionnaires, doit son nom au parrainage de... La Poste ! Pour la Délégation générale à la langue française, il s'agissait bien plutôt de rappeler qu'il sied – au moins une fois par an ! – d'aimer cette dernière à la folie. Mais au fait, pourquoi, depuis le XVIIIe siècle, traiter de « timbré » quiconque n'a plus toute sa raison ? La chose, pour tout dire, tombait davantage sous le sens quand jadis on évoquait, à propos d'un écervelé, une tête « mal timbrée », qui de ce fait rendait un son quelque peu... fêlé !

Force est en tout cas de constater que notre langue s'est montrée particulièrement inventive et accueillante chaque fois qu'il a été question de brocarder, dans la tête de son voisin évidemment, le petit vélo sur lequel ce dernier était censé pédaler : au royaume des frappadingues, le français est décidément roi ! Songez que, pour s'en tenir aux plus courants, l'on a le choix entre allumé, azimuté, barjot, branque, brindezingue, chtarbé, cinglé, cintré,déjanté, dingue, fada, foldingue, fondu, frappé, givré, jeté, louf, maboul, marbré, marteau,meuh-meuh, pété, piqué, ravagé, secoué, sinoque, siphonné, tapé, taré, toqué, zinzin ! Et l'on ne vous parle pas de ces locutions, toutes plus pittoresques les unes que les autres, que recense avec gourmandise Pierre Merle dans son Argus des mots (éditions l'Archipel) :onduler de la toiture, perdre la tramontane, yoyoter de la touffe, avoir une chambre à louer, à moins que ce ne soit une mie de pain dans la timbale, un hanneton sous l'abat-jour ou des papillons dans le compteur, cette dernière imaginée par le gouailleur Prévert et immortalisée par Arletty dans Le jour se lève de Marcel Carné, en 1939...

Il reste que le terme le plus attachant, le plus énigmatique aussi, est probablement un autre heureux élu de cette liste 2014 : hurluberlu. D'abord parce qu'il a connu différentes formes :hurluburlu chez Rabelais, où il figurait un saint imaginaire ; hurlubrelu chez Mme de Sévigné, où il s'appliquait à une coiffure de femme ; voire hustuberlu dans les rangs du peuple. Ensuite parce que plus protéiforme que celui-là, tu meurs : il a été adjectif, adverbe (au sens de « brusquement » !), et même interjection, chez le poète Jean Antoine de Baïf, avant de se découvrir substantif. Enfin et surtout parce que l'on écrirait des pages sur ses origines supposées. D'aucuns en effet veulent y voir la rencontre de l'ébouriffé (le hurel, au XVIe siècle, renvoyait à un homme aux cheveux hérissés) et de l'éberlué : tout un programme, à n'en pas douter, dès lors qu'il convient de représenter un farfelu de la pire espèce ! D'autres préfèrent miser sur un emprunt – déjà – à l'anglais hurly-burly, lequel connotait confusion et brouhaha : notre Rabelais national devrait en réalité le terme aux archers écossais de la garde du roi ! Littré, lui, avouait sa circonspection jusqu'à supposer que, somme toute, il ne s'agissait peut-être là que d'une formation de fantaisie, un peu, écrivait-il, comme ce tourlourou par lequel on désignait un jeune soldat d'infanterie.

Aussi bien, peu importe ! Hurluberlu fait partie de ces quelques privilégiés dont on devine le sens au premier regard. Et ça aussi c'est fou, non ?